6 histoires de vengeance infernale



Qu'ont en commun la Divine Comédie, le Comte de Monte-Christo, un Bulldozer blindé, l'armée Mongol, ou encore la Reine des Celtes Boadicée? Vous le découvrirez avec ces 6 petites histoires de vengeances tendance Kill Bill, qui montrent que certaines personnes... fallait vraiment pas les ennuyer!

Le justicier, l'incarnation de la vengeance
Kung-fu Trung

Trung Trac et Trung Nhi étaient deux soeurs vivant paisiblement, au premier siècle de notre ère, dans un petit village du Viet-Nam. A l'époque, la province était régentée d'une main de fer par les Chinois, de la dynastie Han, qui n'appréciaient guère que leurs subsidiaires se montrent indépendants, et oppressaient le peuple vietnamien de façon flagrante, allant jusqu'à leur demander des taxes pour le moindre poisson pêché.

Aussi, lorsque le mari de Trac, Thi Sach, se permit de s'élever contre les abus des Chinois, ceux-ci décidèrent promptement de clore le débat avec une brutalité exemplaire, afin de dissuader les futurs rebelles, et entreprirent donc d'éxécuter Thi Sach, puis de chercher sa femme, Trung Trac, pour la punir en la violant, parce que... Pourquoi pas?

Vengeance!

Nous, nous le savons désormais, les vietnamiens sont un peuple fier et coriace, et l'on a beau être le pays le plus puissant de toute la planète, il vaut mieux prendre ses précautions lorsqu'on a affaire à eux. Une large part de la population vietnamienne est initiée dès son plus jeune âge aux arts martiaux, stratégies collectives et combat individuel. A cette époque, les femmes vietnamiennes étaient également assez libres (par rapport aux époques qui ont suivi) : elles pouvaient hériter, posséder des biens, et pouvaient s'éduquer ou prendre des commandements. Les Chinois, eux, de par leur traditions, considéraient les femmes comme relativement inutiles d'un point de vue sociétal. Malheureusement pour eux, Trung Trac et Trung Nhi, faisaient partie de ces femmes vietnamiennes ayant passé leur enfance, baignées dans les arts de la guerre.

Pour venger le mari défunt et rétribuer la cruauté chinoise, les deux soeurs levèrent une armée en accomplissant quelques faits légendaires, comme chasser un tigre redoutable qui harcelait des villageois. Elle recrutèrent près de 80 000 femmes combattantes, et 36 généraux choisis parmi les femmes du Vietnam, puis dans une marche forcée continuelle pour la libération du pays, les deux soeurs libérèrent plus de 65 forteresses et citadelles, attaquant les forces armées (et masculines) chinoises jusqu'à les rejeter hors de leur province.

Bien que l'armée chinoise finit par mettre un terme brutal à cette rébellion, l'histoire de Chine fait peu de cas de cette épopée, dans laquelle des femmes ont botté allègrement les arrière-trains masculins pendant près de 3 ans, libérant les provinces en éjectant les célèbres guerriers mâles asiatiques. La légende veut que lors de leur dernière bataille, les chinois en furent réduit à une attaque surprise afin de se débarrasser de l'armée de femmes vietnamiennes, ce qui pourrait expliquer que la Chine d'aujourd'hui refuse de reconnaître qu'il ne se soit passé quoi que ce soit à cette époque.

Bouddica la celte contre l'empire Romain

L'empire Romain n'est pas à proprement parler un empire pacifique. En fait, la plupart des historiens vous diront que cet empire ressemble davantage à l'empire galactique de Star Wars : oppressant, destructeur, cruel. Aussi, lorsque Prasutagus, le Roi des Celtes, fut à l'article de la mort, il prit la précaution de léguer la moitié de son empire aux Romains et leur empereur, Néron, afin, pensait-il, qu'au moins une autre moitié revienne à son peuple, et à sa bien-aimée reine Boadicée (Bouddica). Mais Rome avait d'autres plans, et si en apparence, les romains respectaient le partage, Boadicée, ses deux filles, et son peuple, subissaient les humiliations quotidiennes du peuple romain, jusqu'au jour où Boadicée et ses deux filles furent violées et flagellées.

Vengeance!

Mais les celtes ne sont pas connus pour être l'une des populations les plus douces : ils ont donné naissance à de féroces guerriers dont les actes barbares leur ont valu une effrayante renommée. Et toucher à leur reine, fut une mauvaise idée, puisque cet acte déclencha une révolte dont les romains se souviendraient. Boadicée, à la tête d'une armée de celtes rebelles, attaqua premièrement la cité de Camulodunum, qu'elle rasa complètement, puis entreprit de marcher sur Londres. Boadicée et ses celtes, connus pour leur barbarie (l'un des pratiques de guerre qu'ils appréciaient, consistait à couper la tête de leurs ennemis pour les planter sur des piques), déferlèrent sur la grande Bretagne comme une vague meurtrière qui ne laissait aucun romain survivant. Finalement arrêtés en l'an 61, ils avaient eu le temps de faire valoir leur point de vue sur près de 80 000 colons et soldats romains, dont on retrouva quelques pyramides faites de têtes empilées.

La Divine Comédie

Fin du 13ème siècle, le Pape italien Boniface VIII divise la population Florentine, dont une moitié se sied de sa présence, tandis que l'autre, dont le gouvernement en place, voudrait volontiers le chasser. Boniface est en effet en bon terme avec le prince français Charles de Valois, notoirement connu pour lorgner sur les terres italiennes. Le pape est un bon dieu de collabo français, quoi. Au point qu'il permit à Charles de Valois de devenir le "protecteur" de Toscane, ce à quoi s'opposaient le gouvernement italien et les politiciens locaux.

L'un des principaux, Dante Alighieri, vint à l'encontre du Pape dans l'espoir de lui faire entendre raison. Le Pape joua alors un mouvement particulièrement vicieux : amenant Dante Alighieri à rester quelques jours chez lui en tant qu'invité de marque, le Pape ordonne secrètement à Charles de Valois d'envahir la Toscane, d'exécuter le gouvernement et de le remplacer par un autre qui serait plus favorable au Pape. Pour couronner le tout, le Pape confisca les biens de Dante, et fit ordonner son exil en faisant proclamer sa condamnation à mort s'il revenait à Florence (ordre qui sera par ailleurs abrogé... en 2008).

Vengeance!

Le pape aurait probablement dû tuer Dante plutôt que de le chasser après un tel affront. Dante choisit l'écriture pour se venger de ses ennemis, en rédigeant ce qui deviendra l'une des oeuvres majeures de la littérature de cette époque, la Divine Comédie.

La beauté de cette oeuvre, son rythme, ses rimes, son humour, en feront une pièce qui transcendera les cultures, mais surtout, qui sera connue dans toute l'Italie. Lors de l'élaboration de la Divine Comédie, Dante s'inspirera de toutes les personnes dont il voulait se venger, réservant d'ailleurs une place spéciale à Boniface VIII.

L'extraordinaire succès de l'oeuvre obligera certaines familles à changer leur nom, ou dépenser des fortunes pour contrer l'effet dommageable de la Divine Comédie sur leurs relations ou leurs commerces. C'est un peu comme si de nos jours, Yannick Noah sortait un album de chansons dans chacune desquelles il vous nommait personnellement et disait combien vous êtes un salop... et que cet album soit acheté à 30 ou 40 millions d'exemplaires, passe sur les radios et à la télé...

Patience et longueur de temps

En 1807, un Français du nom de Pierre Picaud, possédait tout simplement tout ce qu'il voulait dans la vie. Un bon job de cordonnier, une jolie demeure sur la côte d'Azur, et une petite amie riche, jeune et jolie qu'il devait épouser sous peu.

Il avait également trois amis chers, Loupian, Solari et Chaubard, lesquels enrageaient secrètement de sa situation, et mirent en place un stratagème pour ôter à Pierre cette insupportable joie de vivre. Il envoyèrent une lettre aux autorités, le dénonçant comme espion anglais.

C'est son histoire qui fut la base du célèbre roman d'Alexandre Dumas, le Compte de Monte-Christo. Picaud fut arrêté et emprisonné à la forteresse de Fenestrelle, sans même qu'on le mette au courant de l'accusation. Il y trouvera un ami, le père Torri, qui y est également détenu. Pendant ce temps, chacun des trois amis vie confortablement, Loupian allant même jusqu'à réconforter (sexuellement) l'ex petite amie de Picaud.

Vengeance!

Libéré en 1914, Picaud change de nom, et monte sur Paris, où il passe 10 années. Il  lance enfin son assaut après avoir méticuleusement préparé sa vengeance, dans le but de ruiner et de tuer ses oppresseurs. Il assassine d'abord Chaubard (ou le fait assassiner), il fait marier la fille de Loupian à un criminel, qu'il fait arrêter ensuite et pousse le fils de son ancien ami à voler des bijoux, afin qu'il se fasse arrêter. Il empoisonne Solari et fait brûler le restaurant de Loupian, qui se retrouve ruiné et sans famille. Picaud met ensuite fin au calvaire de Loupian en l'assassinant. 

L'histoire est connue au travers du récit de Allut, également ancien ami de Picaud. Au courant de la tentative des trois amis pour écarter Picaud, Allut craignait pour sa vie et aurait assassiné Picaud après que sa vengeance fut consommée, et ne s'en confessera que sur son lit de mort. C'est l'une des plus incroyables histoires de vengeance de France, et l'on comprend qu'un livre lui fut dédié!

On ne plaisante pas avec Ghenghis

Après avoir conquis une majeure partie de l'Asie à la tête de ses guerriers légendaires et moustachus, Ghenghis Khan choisit de prendre pacifiquement contact avec les empires des Terres occidentales. En signe de bonne volonté, il dépêcha un groupe de commerçants dans l'empire Khwarezmid avec des cadeaux pour le Sultan.

Les Khwarezmids et leur gouverneur Inalchuq d'Otrar semblèrent inintéressés par cette marque d'amitié, et sur 450 envoyés mongols, ils en tuèrent 449, et renvoyèrent le dernier chez lui.

Ennuyé mais souhaitant donner à ses voisins une seconde chance, s'imaginant que ceux-ci avaient peut être mal compris sa demande pacifique, Ghenghis envoya une délégation directement chez le Shah Ala ad-Din Muhammad II. Le Shah répondit en coupant la tête des ambassadeurs et en renvoyant l'interprète décapité chez son maître.

Vengeance!

Lorsqu'il appris la tragique destinée de ses ambassadeurs, Ghenghis grimpa dans les montagnes calmement pour réfléchir à la situation. Après quelques jours de méditation, il revint rafraîchi, et décida d'offrir aux Khwarezmid une visite du genre de celles que l'on apprécie que lorsqu'elles se terminent.

Ghenghis déploya ses 4 chiens de guerre, dont le célèbre Subutai, l'un des plus grands généraux ayant vécu. Après un siège de plus de 6 mois sur la citadelle d'Inalchuq, et grâce aux nouvelles technologies issues de ses conquètes chinoises, Ghenghis obtint réparation en rasant la ville et en tuant tous ces habitants, Inalchuq compris. Ghenghis s'en prit ensuite au Shah, avec 200 000 guerriers contre une armée 5 fois supérieure en nombre, qu'il détruisit également. Il rasa complètement, à cette occasion, la ville de naissance du Shah. Selon la légende, les guerriers mongols tuèrent tous les hommes, femmes et enfants, et même chats et chiens ne furent épargnés. L'empire Khwarezmid entier fut rasé, et ces 4 millions d'habitants tués. Le Shah s'enfuya sur une petite île de Caspienne ou il mourut seul, ruiné.

Ce qui confirme le célèbre adage "Ne vous en prenez pas au messager". Spécialement quand vous avez affaire à Ghenghis Khan.

La vengeance du Killdozer

Cette dernière est plus récente et étonnante, puisque l'histoire se déroule en 2004. Dans les années 1990, Marvin Heemeyer, petit exploitant propriétaire d'une chaîne de magasins, ancien de l'Air force, était connu de ses amis comme une personne agréable, joyeuse. Cependant, tous s'accordaient à reconnaître qu'il valait mieux être son ami que son ennemi.

Ce que choisit pourtant le maire et le conseil d'administration de Granby, (Colorado), la ville dans laquelle Heemeyer possédait l'un de ses magasins. L'une des familles de la ville souhaitait racheter un terrain à Heemeyer, mais celui-ci en demandant un prix exorbitant, le maire décida finalement de re-zoner les alentours du magasin, permettant de prendre possession de ceux-ci et de les vendre. Les terrains alentours n'appartenant plus à la commune, le magasin d'Heemeyer n'avait plus de chemin lui permettant de rejoindre la route et se retrouvait donc dans l'inconfortable position d'avoir un magasin sans entrée. Après plusieurs années de conflit juridique, Heemeyer du se résoudre en 2001 à ce que les autorités gagnent, sur le plan légal. Il devait se retirer, vendre son magasin pour une bouchée de pain et payer de surcroît des frais et une amende pour les diverses actions entreprises. Malgré pétitions et lettres à l'administration, la situation n'évolua plus.

Vengeance!

Le Killdozer ou MadmaxTank
Mais il refusa de s'arrêter là, et pour se venger des autorités, entreprit de modifier un bulldozer Komatsu D335A : il commença par lui ajouter une armure composite faite d'acier et de béton, protégeant certaines parties du bulldozer, perça des trous pour y permettre de tirer au fusil, installa des caméras reliées à la cabine qui lui permettraient d'observer l'extérieur, et entreposa un stock d'eau et de nourriture. Un an et demi après le début de la construction du Killdozer, il s'installa finalement dans sa machine, en scella totalement l'entrée et se mit à dévaler les rues de la ville dans son nouveau tank fait maison, vers des objectifs choisis à l'avance.

Le 4 juin 2004, à 3 heures de l'après-midi, le premier bâtiment fut détruit. 2 h 07 plus tard, alors que plusieurs bâtiments étaient déjà rasés, des voitures éventrées, des flics dont les armes et les explosifs s'étaient révélés totalement inutiles, le killdozer fonça vers la dernière cible, blessé mais encore actif. Sa route se terminera lorsqu'attaquant le premier mur du bâtiment suivant, le sol se dérobera sous les chenilles du monstre, le paralysant.

Une équipe du Swat témoignera d'un léger bruit "de coup de feu étouffé" lorsqu'elle tentera d'accéder à la cabine de pilotage scellée du Killdozer. Plus de 7 millions de dollars de dégâts, des autorités impuissantes, des routes saccagées et 13 bâtiments détruits dans la petite ville de Granby, c'est le prix de la révolte d'Heemeyer contre son humiliation, contre les services publics corrompus... Pour une histoire de petit chemin communal coupé!

Celui là... Fallait vraiment pas l'ennuyer!



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