Ces boules qui roulent dans le désert



Elles sont devenues une icône cinématographique, désignant la désolation, la sècheresse, les rues désertes où généralement, le duel de fin du western se termine dans le vent et le silence. C'est d'ailleurs le contraste que leur mouvement oppose à la concentration et l'immobilisme des acteurs qui en ont fait par la suite l'un des symboles du far-west ou des silences gênés qui suivent une blague un peu mauvaise.

Tout le monde sait à quoi elles ressemblent, ces boules (de paille? de branches? de quoi!?) qui roulent dans le désert, ces petits buissons qui parcourent les routes et les rues sans vie, accompagnant le vent dans un silencieux périple à travers les plaines arides et désolées. Mais bon sang, comment s'appellent-elles donc?

Ces petites boules - qui ne sont par ailleurs pas toujours de forme sphérique - sont des Virevoltants. En anglais Tumbleweed ("herbe qui tourne"), elles colonisent essentiellement les déserts des États-Unis ou les steppes de Russie : les virevoltants se trouvent en effet sur le continent américain depuis l'introduction probable en Dakota du Sud, dans les années 1870, de graines issues de Russie, de Salsola tragus. D'autres plantes également originaires d'Eurasie ont vraisemblablement été importées dans les cargaisons de graines, et ont trouvé leur place et pris racine sur le sol américain.

Elles agrandissent depuis leur territoire et participent au dessèchement des grandes prairies du nord des USA. Chaque tumbleweed est en fait la partie supérieure d'une plante, qui, une fois mûre et sèche, se sépare de la racine et se laisse emporter par le vent, distillant à cette occasion spores ou graines sur son chemin, jusqu'à trouver un point d'eau, par exemple une flaque, où elle s'implantera, tandis que les graines restantes recommenceront à germer. Le virevoltant lui même sera considéré mort à partir de cette étape. La plante s'assèche pendant l'été et vers l'automne, le lien avec la racine se brise et sa partie supérieure commence son périple à travers les plaines, au gré du vent, à la recherche d'un endroit plus propice au développement.

Le Tumbleweed est devenu une icône cinématographique
Peu de plantes sont connues pour former des virevoltants, néanmoins, les espèces d'Amaranthes issues du genre salsola ont connu le succès à travers les westerns, à partir desquelles elles sont devenues le symbole de la désolation et de la sécheresse, du no-man's land. Salsola tragus, par exemple, l'espèce issue du Dakota du sud, est apparue de nombreuses fois aux côtés des personnages cinématographiques de Sergio Leone (qui tournait pourtant la majorité de ses westerns en Espagne et Italie!). The Tumbleweed a même donné en 1953 son nom au titre d'un western réalisé par Nathan Juran (Audie Murphy (non, pas Eddy!), Lori Nelson, Chill Wills, et l'apparition notable de Lee Van Cleef).

Cet amusant morceau de plante n'a pas la même réputation selon qu'on est cinéphile ou agriculteur, cependant. Les plantes à tumbleweed sont considérées comme très nocives et invasives, elles brutalisent les récoltes en absorbant l'eau comme un trou (certains virevoltants peuvent vider une réserve de plus de 100 litres d'eau!). Elles contribuent également à assécher le sol et augmenter son érosion, remodelant le paysage par le frottement de terres et des roches.

Pour en savoir plus : 



2 commentaires:

Pascale a dit…

Oh merci ! Je cherchais le nom de ces bestioles :-)

Gerard Ponthieu a dit…

Moi aussi ! Merci !

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