Le Méthylphénidate, stimulant pour hyperactif



La ritaline de son vrai nom, Méthylphénidate, est un psychotrope utilisé principalement pour traiter les symptômes du trouble déficitaire de l'attention/hyperactivité. On s'attendrait à ce qu'il soit un calmant... c'est en réalité une amphétamine, psychostimulante!

C'est d'ailleurs en temps que psychostimulant qu'il fut d'abord administré, après son brevet en 1954 et le début de sa production, dans les cadres de la dépression et de la narcolepsie. Dès 1960 cependant, des médecins remarquent l'effet paradoxalement apaisant qu'il provoque chez des enfants hyperactifs ayant un trouble de l'attention et de la concentration. Utilisé dès lors pour traiter le TDAH, il se généralise pour devenir le médicament le plus prescrit pour ce trouble en 2005.

Le méthylphénydate agit en bloquant la recapture de noradrénaline et de dopamine, ce qui entraine par ailleurs sa classification dans la catégorie des stupéfiants. L'augmentation de la concentration et de l'efficacité de ces neurotransmetteurs au niveau des espaces intersynaptiques diminue les troubles de l'attention(*), ce qui, par effet rétro-actif, diminue également l'hyperactivité. Le méthylphénidate vise donc prioritairement les troubles de l'attention, ce qui explique qu'on prescrive cette amphétamine à de jeunes gens déjà hyperactifs.

Au niveau cognitif, en temps normal, un enfant ayant un TDAH divise son attention entre de nombreux distracteurs, ruinant ainsi sa concentration et donnant l'impression qu'il fait plusieurs choses de concert, passant du coq à l'âne, sans jamais pouvoir rester sur une seule activité à la fois. Le méthylphénidate amène les enfants à se focaliser sur l'action en cours, les éléments nouveaux, et l'empêche de se laisser distraire par les éléments familiers. Il aide donc l'enfant à se concentrer et atténue cette impression d'hyper-activité et d'agitation.

Restent certains problèmes liés à l'effet stimulant : hypertension, insomnies, arythmie ou tachycardie...

(*) Le système dopaminergique diminue le taux d'activation spontanée, qui représente un "bruit de fond" cérébral : en temps normal, les neurones dépolarisent régulièrement même s'ils ne sont pas sollicités, ces dépolarisations excessives sont diminuées par la présence en forte quantité de dopamine. Par conséquence, le méthylphénidate pourrait accentuer la concentration sur les actions en cours en bloquant l'effet d'éléments distracteurs.[1]

Pour en savoir plus :
[1] Gottlieb, S. (2001). "Therapeutic Doses of Oral Methylphenidate Significantly Increase Extracellular Dopamine in the Human Brain Methylphenidate works by increasing dopamine levels". British Medical Journal.
Méthylphénidate (Wikipedia)
Le paradoxe de la ritaline (Psychoweb.fr)



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