Une dent contre le requin?



Le célèbre film Jaws, les dents de la mer, est un exemple particulier de l'ironie du box office : ce sont, de manière tout à fait paradoxale, les défaillances techniques du personnage principal, le requin, qui ont largement contribué au succès du film.

Il aurait bien pu ne jamais voir le jour : entre grèves forcées et syndicalisme actif, pannes techniques et soucis financiers, Jaws a accumulé toute une série de malchances dans sa production, jusqu'aux défaillances du principal intéressé, le requin, sous la forme de trois maquettes au comportement très aléatoire. De nombreuses critiques s'accordent à penser que si le film fut un tel succès (Le premier film à dépasser 100 millions de dollars de recettes), c'est avant tout par l'ambiance suggérée par un requin que l'on ne voit que très peu, ajoutant mystère et angoisse à l'atmosphère pesante du film. Mais... Pas exprès!

Les trois maquettes réalisées par Robert A. Mattey, déjà créateur du calmar géant de 20 000 lieues sous les mers, étaient en effet trop fragiles et pas très convaincantes, surtout dans leurs mouvements. Les défaillances répétées ont donc forcé Steven Spielberg à limiter les plans durant lesquels on voit le requin.

Davantage de chance : alors que l'humour et la description des personnages est très présente dans le roman, Spielberg, pour conserver le maximum d'action et ne pas rendre le film trop long, a peu insisté sur les détails concernant les personnages principaux. Tout ceci à finalement laissé bien des mystères sur chaque protagoniste, laissant le spectateur libre d'exercer son imagination quant à la psychologie des acteurs.

Jaws est ainsi devenu une référence dans le monde du cinéma : on le considère généralement comme le premier Blockbuster (film américain à gros budget privilégiant l'action et les effets spéciaux, dont nous octroie chaque été le cinéma US). C'est également le premier film à dépasser les recettes de 100 millions de dollars, à peine deux mois après sa sortie, et l'un des plus rentables de l'histoire du cinéma.

Pourtant... si le film s'inspire des attaques de requins pour plonger le spectateur dans l'angoisse d'une mort violente, il faut savoir que ces attaques sont relativement rares : on en dénombre entre 3 à 10 par an : de 1 à 4 seulement sont fatales. Quand on sait qu'il y'a chaque année près de 5000 accidents de voiture mortels rien qu'en France...



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