Elysia Chlorotica : l'animal qui fonctionne à l'énergie solaire



Elysia Chlorotica est une limace de mer qui peut réaliser la photosynthèse, et ainsi bénéficier de ses produits (sucres et autres nutriments) à tel point qu'elle n'a plus besoin de se nourrir!

On la trouve sur la côte Est de l'Amérique du Nord. Adulte, elle ressemble à une feuille verte de 2 à 3 cm de long, avec deux parapodes (des "bords" en forme de feuilles) pouvant se replier pour la protéger. Dans sa forme juvénile, elle arbore une couleur brune avec de nombreux petits points rouges. Son régime alimentaire se constitue alors d'algues Vaucheria litorea dont elle va tirer des chloroplastes (les éléments verts réalisant la photosynthèse chez les plantes), qu'elle va ensuite intégrer à ses propres cellules. Son vaste système digestif se colore ainsi du fait de la présence des chloroplastes, donnant une vive couleur verte à l'élysie, surnommée de par cette caractéristique, "élysie émeraude".

Malheureusement, l'ADN des chloroplastes ne contient les gènes ne correspondant qu'à environ 10% des protéines permettant à ceux-ci de réaliser correctement la photosynthèse. Aussi, Elysia Chlorotica a développé un moyen peu scrupuleux de parvenir à ces fins : elle "vole" littéralement des gènes de l'algue, qui elle, possède tout ce qu'il faut pour contenter les chloroplastes, et les intègre à son propre génome! Ce phénomène particulier de transfert horizontal de gène est nommé Kleptoplastie.

Une fois acquise sa capacité à réaliser la photosynthèse, Elysia Chlorotica peut dès lors vivre sans se nourrir (bien qu'elle continue à le faire tant qu'elle le peut). Il lui suffit d'un peu de lumière et de sa propre respiration pour que les chloroplastes la fournissent en nutriments. Elle peut alors survivre 8 mois (et probablement jusqu'à sa mort naturelle, son espérance de vie moyenne se situant à un an) sans nourriture... Elle perd néanmoins un peu de sa couleur mais les chloroplastes restent intacts et fonctionnels.

Elysia possède d'autres capacités intéressantes : elle est capable de parthénogenèse, c'est-à-dire, capable de se reproduire seule. Elle possèdent à la fois le sperme et les oeufs qui lui permettent une descendance (on parle d'hermaphrodisme simultané). Toutefois, ce mode de reproduction n'est pas bénéfique pour l'espèce, aussi les élysies émeraude ont autant que faire se peut, recours à la fécondation croisée (2 individus au patrimoine génétique différent).

D'autres espèces peuvent posséder cette capacité de photosynthèse, notamment parmi ces cousines appartenant à la classe des sacoglossae. Le vol de gène n'est pas non plus inconnu (voir Spoutnik, le virus à virus), toutefois, l'échange de gènes entre espèce rend généralement le gène inopérant, ce en quoi l'élysie émeraude se démarque.

Elysia Chlorotica a tout compris du rêve écologique : manger des plantes et devenir soi-même un animal à énergie solaire!


Pour en savoir plus :
Desbrosses S. (2010). "Transfert horizontal de gènes et acquisition de chloroplastes chez Elysia Chlorotica". (online) NatureXtreme.



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