Isao Machii le super-samouraï

Isao Machii, maître de Battōdō, est un spécialiste de la coupe au katana. Et pas qu'un peu : il est capable de découper au vol une balle de 6 mm lancée sur lui à 350 km/h...

Isao Machii en Démo
Isao Machii, surnommé à juste raison, le samouraï des temps modernes, est un japonais pratiquant traditionnel de sabre (Katana). Dans les arts martiaux japonais, les techniques majeures de sabre nécessitent l'acquisition de différentes capacités mineures, tels que l'art de trancher ou l'art de transpercer, mais également, de manière plus anecdotique, l'art d'essuyer sa lame entachée de sang ou l'art de ne pas se couper les doigts en remettant son katana en place. Chacune de ces petites actions est codifiée et il existe pour toutes, des mouvements et pratiques qu'enseignent les Grands Maîtres et leurs écoles respectives. Les pratiquants de katana ou les Kendoka savent que certains mouvements sont indispensables à la maîtrise globale et l'efficacité de leur épée. Par exemple, lorsque l'on tranche la poitrine en oblique, de haut en bas, d'un homme, un léger coup de poignet au moment de toucher la clavicule permet de la casser en continuant à trancher les organes, sans quoi, la lame pourrait se bloquer contre l'os. Un retrait du sabre vers le corps permet également de faciliter la tranche... De nombreux savoirs et savoir-faire cruciaux comme ceux-ci sont nécessaires à maîtriser dans le but de parfaire sa technique de sabre (Kendo).

L'art de découper les biscottes... par la tranche

L'art de dégainer son katana dans la perfection
L'une d'elles a pour but d'exercer le pratiquant à utiliser au mieux sa lame rentrée dans le fourreau (Saya), c'est le Iaijutsu, l'art de dégainer le sabre (précisément, l'art de trancher en dégainant le sabre), et donc de sortir la lame de son fourreau en un mouvement gracieux, fluide, rapide et extrêmement précis, dans le but de trancher. Plusieurs aspects doivent être travaillés : dans un mouvement classique, on décolle le sabre de son fourreau avec le pouce gauche (poussant la garde - Tsuba), lame vers le haut, puis on retire la lame en exerçant une légère pression de sorte qu'elle n'abîme pas le fourreau, etc... Rentrer la lame nécessite également toute une technique développée à la fois pour éviter de se blesser, mais également pour nettoyer la lame entachée de sang (ne perdons pas de vue que ces techniques furent développées à une époque guerrière pour le but de tuer son ennemi - en fait, plusieurs d'un coup si possible). Un mouvement parfait permet au pratiquant de sortir la lame sans s'abîmer les mains, ni le fourreau, de façon fluide et rapide, découper le maximum d'ennemis (ou d'objets tests) avec une précision et une rapidité extrême, enlever le sang de la lame et la remettre dans son fourreau, le tout en un temps record et une grâce qui ne lasse point d'émerveiller. A l'origine, le IaiJutsu était davantage un ensemble de techniques de contre-attaque qu'une technique d'agression (sauf attaque surprise...).

Surhumain?

Isao "Matrix" Machii
Isao Machii est passé maître dans cette technique, au point parcourir le Japon et même l'Occident pour montrer ses talents, et susciter l'intérêt de chercheurs et des médias stupéfaits de ses prouesses.

Isao Machii détient actuellement 4 Records Guiness (par exemple, 252 bottes de paille nattée découpées en 3 minutes), tous liés à sa pratique du sabre. Il est également l'un des rares samouraïs capables de trancher, par exemple, un grain de riz de 5 mm, un haricot (sur le sens de sa longueur!!), une mèche de bougie, une balle de baseball lancée à 300 km/h, et plus fort encore, une bille de plastique de 6 mm seulement, lancée sur lui à 100 mètres par secondes! Et le tout, en ayant sa lame rentrée avant la découpe, en faisant un seul geste. Quelques autres pratiquants du sabre seulement  jouissent d'une telle popularité et de telles capacités, comme le Maître Fumon Tanaka, qui montra dans une émission de National Geographic (voir vidéos ci-dessous), comment il pouvait découper une flèche lancée par sa fille et visant son coeur, avant que cette flèche ne l'atteigne.

La bille de plastique tranchée nette
Isao Machii a participé à de nombreuses émissions télé et expériences, lors de Tameshi giri (tests de coupe, ordinairement réalisés pour prouver la valeur d'une lame) dans lesquelles il montre toute l'étendue de son talent : sa rapidité, sa précision, sa capacité à trancher de solides ou nombreux objets d'un coup. Isao pelle une pomme, découpe des canettes de soda, un concombre par la tranche, ou un objet lancé, en plein vol. Le plus impressionnant est dans l'inconfort de ses démonstrations : lorsqu'une machine envoie une balle de baseball, on peut encore croire qu'Isao Machii se base sur l'anticipation de la trajectoire, toujours identique, donnée à la balle. Le problème, c'est qu'il réalise également cet exploit lorsque c'est un homme qui lance la balle, ou qui lui tire dessus avec un pistolet à air comprimé. Isao est donc capable de choper au vol un objet, non par habitude de sa trajectoire, mais réellement parce qu'il le "perçoit". Pourtant, une telle balle est quasi impossible à discerner à l'oeil humain, à cette vitesse.

Les chercheurs n'ont pas encore trouvé d'explication satisfaisante aux extraordinaires réflexes et à l'incroyable maîtrise du katana d'Isao Machii : un joueur de baseball peut par exemple se servir d'indice visuels tels que le mouvement de l'épaule du lanceur ou sa position pour deviner la trajectoire d'une balle, mais cette capacité nécessite une longue pratique et un entraînement de tous les jours. Pourtant, cette balle se déplace quand même à une vitesse suffisamment basse pour qu'elle en reste visible, or, c'est déjà un peu moins le cas lorsqu'elle va à 300 km/h, sans parler de la bille de plastique lancé d'un fusil à air comprimé. D'après le Pr Durvasula, Isao Machii serait capable de processus cognitifs d'un niveau supérieur lui permettant d'anticiper les trajectoires d'objets divers sans même les voir. Il calculerait inconsciemment quand et se trouvera cette objet, le "ressentant" plus que ne le percevant. Ce qui ferait de lui... et bien, pas moins qu'un chevalier Jedi.

Quelques vidéos de ces samouraïs des temps modernes

La découpe en plein vol d'une balle tirée avec un pistolet à air comprimé.


Isao Machii en démonstration à la télévision nippone


Midori Tanaka (très mignonne, ce qui ne gâche rien) tirant une flèche sur son père Fumon Tanaka. Comme dit le célèbre dicton, il semble que la meilleure défense soit l'attaque!

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Il ne vit pas longtemps, mais au moins, il s'amuse!

L'éphémère est un insecte (éphéméroptère) qui ne vit que d'amour et... même pas d'eau fraîche : sa transformation à l'âge adulte lui ôte la capacité à ingérer de la nourriture, puisqu'il se retrouve tout simplement sans orifice buccal, et ne peut plus manger. 

Il n'a alors d'autre choix que de s'élancer vers les lumières dans une nuit d'orgie pour se reproduire avant que le destin ne le rattrape et qu'il ne meurt de faim. Tous les éphémères du coin se retrouvent donc au même endroit, comptabilisant des millions de corps engagés dans l'activité reproductrice, au point que l'essaim formé soit si énorme...

L'orgie visible depuis l'espace?

L'éphémère, taillé pour la reproduction
Les éphémères (ephemeroptera) ne font que quelques dizaines de millimètres, et sont parmi les plus grands champions du plaisir en groupe, au point que leurs escapades annuelles de reproduction sont visibles par les radars d'observation climatologique. Ce qui pourrait être un problème au long terme puisque les éphémères passent leur vie adulte entière, littéralement, à l'activité reproductrice : du début de l'âge adulte jusqu'à leur mort, ils ne feront que chercher des compagnons pour perpétuer l'espèce et donner naissance à la prochaine génération. Et comme ils font l'amour en groupe de plusieurs millions, leurs rencontres provoquent régulièrement des anomalies radar et des perturbations locales de trafic, en même temps qu'elles gênent sérieusement les riverains dans leurs activités quotidiennes. L'orgie continue bel et bien durant toute leur vie, bien qu'en l’occurrence, celle-ci ne soit finalement que très modérément courte...

L'orgie captée par les radar météo (img : NWSWF)
L'amour jusqu'à en mourir

Ce à quoi ressembleraient les rues sans courte vie
Affreusement courte, en fait, car les éphémères sont apparemment conçus à l’âge adulte, uniquement pour la reproduction, au point qu'ils n'ont tout simplement pas de bouche pour manger! La transformation en âge adulte leur ôte en effet l'indispensable cavité buccale qui leur permettrait d'ingérer de la nourriture, et les restes de leurs organes digestifs sont remplis d'air et de rien d'autre. Dès leur passage à l'âge adulte, les éphémères, comme leur nom l'indique, n'ont plus que quelque jours à vivre avant de mourir de faim.

On comprend alors qu'ils se regroupent pour faire de la dernière soirée un moment des plus fous, après lequel les femelles lâchent leurs oeufs dans les rivières et terminent leur vie de diète passablement affamées. Tout ce beau monde tombant faute de recharge nutritive dans les rues nécessite régulièrement des dispositions particulières pour ramasser les millions de corps tapissant les routes et les trottoirs (certaines municipalités y allant carrément au chasse-neige), après une nuit qui fut probablement (on l'espère) l'une des plus inoubliables.
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6 histoires de vengeance infernale

Qu'ont en commun la Divine Comédie, le Comte de Monte-Christo, un Bulldozer blindé, l'armée Mongol, ou encore la Reine des Celtes Boadicée? Vous le découvrirez avec ces 6 petites histoires de vengeances tendance Kill Bill, qui montrent que certaines personnes... fallait vraiment pas les ennuyer!

Le justicier, l'incarnation de la vengeance
Kung-fu Trung

Trung Trac et Trung Nhi étaient deux soeurs vivant paisiblement, au premier siècle de notre ère, dans un petit village du Viet-Nam. A l'époque, la province était régentée d'une main de fer par les Chinois, de la dynastie Han, qui n'appréciaient guère que leurs subsidiaires se montrent indépendants, et oppressaient le peuple vietnamien de façon flagrante, allant jusqu'à leur demander des taxes pour le moindre poisson pêché.

Aussi, lorsque le mari de Trac, Thi Sach, se permit de s'élever contre les abus des Chinois, ceux-ci décidèrent promptement de clore le débat avec une brutalité exemplaire, afin de dissuader les futurs rebelles, et entreprirent donc d'éxécuter Thi Sach, puis de chercher sa femme, Trung Trac, pour la punir en la violant, parce que... Pourquoi pas?

Vengeance!

Nous, nous le savons désormais, les vietnamiens sont un peuple fier et coriace, et l'on a beau être le pays le plus puissant de toute la planète, il vaut mieux prendre ses précautions lorsqu'on a affaire à eux. Une large part de la population vietnamienne est initiée dès son plus jeune âge aux arts martiaux, stratégies collectives et combat individuel. A cette époque, les femmes vietnamiennes étaient également assez libres (par rapport aux époques qui ont suivi) : elles pouvaient hériter, posséder des biens, et pouvaient s'éduquer ou prendre des commandements. Les Chinois, eux, de par leur traditions, considéraient les femmes comme relativement inutiles d'un point de vue sociétal. Malheureusement pour eux, Trung Trac et Trung Nhi, faisaient partie de ces femmes vietnamiennes ayant passé leur enfance, baignées dans les arts de la guerre.

Pour venger le mari défunt et rétribuer la cruauté chinoise, les deux soeurs levèrent une armée en accomplissant quelques faits légendaires, comme chasser un tigre redoutable qui harcelait des villageois. Elle recrutèrent près de 80 000 femmes combattantes, et 36 généraux choisis parmi les femmes du Vietnam, puis dans une marche forcée continuelle pour la libération du pays, les deux soeurs libérèrent plus de 65 forteresses et citadelles, attaquant les forces armées (et masculines) chinoises jusqu'à les rejeter hors de leur province.

Bien que l'armée chinoise finit par mettre un terme brutal à cette rébellion, l'histoire de Chine fait peu de cas de cette épopée, dans laquelle des femmes ont botté allègrement les arrière-trains masculins pendant près de 3 ans, libérant les provinces en éjectant les célèbres guerriers mâles asiatiques. La légende veut que lors de leur dernière bataille, les chinois en furent réduit à une attaque surprise afin de se débarrasser de l'armée de femmes vietnamiennes, ce qui pourrait expliquer que la Chine d'aujourd'hui refuse de reconnaître qu'il ne se soit passé quoi que ce soit à cette époque.

Bouddica la celte contre l'empire Romain

L'empire Romain n'est pas à proprement parler un empire pacifique. En fait, la plupart des historiens vous diront que cet empire ressemble davantage à l'empire galactique de Star Wars : oppressant, destructeur, cruel. Aussi, lorsque Prasutagus, le Roi des Celtes, fut à l'article de la mort, il prit la précaution de léguer la moitié de son empire aux Romains et leur empereur, Néron, afin, pensait-il, qu'au moins une autre moitié revienne à son peuple, et à sa bien-aimée reine Boadicée (Bouddica). Mais Rome avait d'autres plans, et si en apparence, les romains respectaient le partage, Boadicée, ses deux filles, et son peuple, subissaient les humiliations quotidiennes du peuple romain, jusqu'au jour où Boadicée et ses deux filles furent violées et flagellées.

Vengeance!

Mais les celtes ne sont pas connus pour être l'une des populations les plus douces : ils ont donné naissance à de féroces guerriers dont les actes barbares leur ont valu une effrayante renommée. Et toucher à leur reine, fut une mauvaise idée, puisque cet acte déclencha une révolte dont les romains se souviendraient. Boadicée, à la tête d'une armée de celtes rebelles, attaqua premièrement la cité de Camulodunum, qu'elle rasa complètement, puis entreprit de marcher sur Londres. Boadicée et ses celtes, connus pour leur barbarie (l'un des pratiques de guerre qu'ils appréciaient, consistait à couper la tête de leurs ennemis pour les planter sur des piques), déferlèrent sur la grande Bretagne comme une vague meurtrière qui ne laissait aucun romain survivant. Finalement arrêtés en l'an 61, ils avaient eu le temps de faire valoir leur point de vue sur près de 80 000 colons et soldats romains, dont on retrouva quelques pyramides faites de têtes empilées.

La Divine Comédie

Fin du 13ème siècle, le Pape italien Boniface VIII divise la population Florentine, dont une moitié se sied de sa présence, tandis que l'autre, dont le gouvernement en place, voudrait volontiers le chasser. Boniface est en effet en bon terme avec le prince français Charles de Valois, notoirement connu pour lorgner sur les terres italiennes. Le pape est un bon dieu de collabo français, quoi. Au point qu'il permit à Charles de Valois de devenir le "protecteur" de Toscane, ce à quoi s'opposaient le gouvernement italien et les politiciens locaux.

L'un des principaux, Dante Alighieri, vint à l'encontre du Pape dans l'espoir de lui faire entendre raison. Le Pape joua alors un mouvement particulièrement vicieux : amenant Dante Alighieri à rester quelques jours chez lui en tant qu'invité de marque, le Pape ordonne secrètement à Charles de Valois d'envahir la Toscane, d'exécuter le gouvernement et de le remplacer par un autre qui serait plus favorable au Pape. Pour couronner le tout, le Pape confisca les biens de Dante, et fit ordonner son exil en faisant proclamer sa condamnation à mort s'il revenait à Florence (ordre qui sera par ailleurs abrogé... en 2008).

Vengeance!

Le pape aurait probablement dû tuer Dante plutôt que de le chasser après un tel affront. Dante choisit l'écriture pour se venger de ses ennemis, en rédigeant ce qui deviendra l'une des oeuvres majeures de la littérature de cette époque, la Divine Comédie.

La beauté de cette oeuvre, son rythme, ses rimes, son humour, en feront une pièce qui transcendera les cultures, mais surtout, qui sera connue dans toute l'Italie. Lors de l'élaboration de la Divine Comédie, Dante s'inspirera de toutes les personnes dont il voulait se venger, réservant d'ailleurs une place spéciale à Boniface VIII.

L'extraordinaire succès de l'oeuvre obligera certaines familles à changer leur nom, ou dépenser des fortunes pour contrer l'effet dommageable de la Divine Comédie sur leurs relations ou leurs commerces. C'est un peu comme si de nos jours, Yannick Noah sortait un album de chansons dans chacune desquelles il vous nommait personnellement et disait combien vous êtes un salop... et que cet album soit acheté à 30 ou 40 millions d'exemplaires, passe sur les radios et à la télé...

Patience et longueur de temps

En 1807, un Français du nom de Pierre Picaud, possédait tout simplement tout ce qu'il voulait dans la vie. Un bon job de cordonnier, une jolie demeure sur la côte d'Azur, et une petite amie riche, jeune et jolie qu'il devait épouser sous peu.

Il avait également trois amis chers, Loupian, Solari et Chaubard, lesquels enrageaient secrètement de sa situation, et mirent en place un stratagème pour ôter à Pierre cette insupportable joie de vivre. Il envoyèrent une lettre aux autorités, le dénonçant comme espion anglais.

C'est son histoire qui fut la base du célèbre roman d'Alexandre Dumas, le Compte de Monte-Christo. Picaud fut arrêté et emprisonné à la forteresse de Fenestrelle, sans même qu'on le mette au courant de l'accusation. Il y trouvera un ami, le père Torri, qui y est également détenu. Pendant ce temps, chacun des trois amis vie confortablement, Loupian allant même jusqu'à réconforter (sexuellement) l'ex petite amie de Picaud.

Vengeance!

Libéré en 1914, Picaud change de nom, et monte sur Paris, où il passe 10 années. Il  lance enfin son assaut après avoir méticuleusement préparé sa vengeance, dans le but de ruiner et de tuer ses oppresseurs. Il assassine d'abord Chaubard (ou le fait assassiner), il fait marier la fille de Loupian à un criminel, qu'il fait arrêter ensuite et pousse le fils de son ancien ami à voler des bijoux, afin qu'il se fasse arrêter. Il empoisonne Solari et fait brûler le restaurant de Loupian, qui se retrouve ruiné et sans famille. Picaud met ensuite fin au calvaire de Loupian en l'assassinant. 

L'histoire est connue au travers du récit de Allut, également ancien ami de Picaud. Au courant de la tentative des trois amis pour écarter Picaud, Allut craignait pour sa vie et aurait assassiné Picaud après que sa vengeance fut consommée, et ne s'en confessera que sur son lit de mort. C'est l'une des plus incroyables histoires de vengeance de France, et l'on comprend qu'un livre lui fut dédié!

On ne plaisante pas avec Ghenghis

Après avoir conquis une majeure partie de l'Asie à la tête de ses guerriers légendaires et moustachus, Ghenghis Khan choisit de prendre pacifiquement contact avec les empires des Terres occidentales. En signe de bonne volonté, il dépêcha un groupe de commerçants dans l'empire Khwarezmid avec des cadeaux pour le Sultan.

Les Khwarezmids et leur gouverneur Inalchuq d'Otrar semblèrent inintéressés par cette marque d'amitié, et sur 450 envoyés mongols, ils en tuèrent 449, et renvoyèrent le dernier chez lui.

Ennuyé mais souhaitant donner à ses voisins une seconde chance, s'imaginant que ceux-ci avaient peut être mal compris sa demande pacifique, Ghenghis envoya une délégation directement chez le Shah Ala ad-Din Muhammad II. Le Shah répondit en coupant la tête des ambassadeurs et en renvoyant l'interprète décapité chez son maître.

Vengeance!

Lorsqu'il appris la tragique destinée de ses ambassadeurs, Ghenghis grimpa dans les montagnes calmement pour réfléchir à la situation. Après quelques jours de méditation, il revint rafraîchi, et décida d'offrir aux Khwarezmid une visite du genre de celles que l'on apprécie que lorsqu'elles se terminent.

Ghenghis déploya ses 4 chiens de guerre, dont le célèbre Subutai, l'un des plus grands généraux ayant vécu. Après un siège de plus de 6 mois sur la citadelle d'Inalchuq, et grâce aux nouvelles technologies issues de ses conquètes chinoises, Ghenghis obtint réparation en rasant la ville et en tuant tous ces habitants, Inalchuq compris. Ghenghis s'en prit ensuite au Shah, avec 200 000 guerriers contre une armée 5 fois supérieure en nombre, qu'il détruisit également. Il rasa complètement, à cette occasion, la ville de naissance du Shah. Selon la légende, les guerriers mongols tuèrent tous les hommes, femmes et enfants, et même chats et chiens ne furent épargnés. L'empire Khwarezmid entier fut rasé, et ces 4 millions d'habitants tués. Le Shah s'enfuya sur une petite île de Caspienne ou il mourut seul, ruiné.

Ce qui confirme le célèbre adage "Ne vous en prenez pas au messager". Spécialement quand vous avez affaire à Ghenghis Khan.

La vengeance du Killdozer

Cette dernière est plus récente et étonnante, puisque l'histoire se déroule en 2004. Dans les années 1990, Marvin Heemeyer, petit exploitant propriétaire d'une chaîne de magasins, ancien de l'Air force, était connu de ses amis comme une personne agréable, joyeuse. Cependant, tous s'accordaient à reconnaître qu'il valait mieux être son ami que son ennemi.

Ce que choisit pourtant le maire et le conseil d'administration de Granby, (Colorado), la ville dans laquelle Heemeyer possédait l'un de ses magasins. L'une des familles de la ville souhaitait racheter un terrain à Heemeyer, mais celui-ci en demandant un prix exorbitant, le maire décida finalement de re-zoner les alentours du magasin, permettant de prendre possession de ceux-ci et de les vendre. Les terrains alentours n'appartenant plus à la commune, le magasin d'Heemeyer n'avait plus de chemin lui permettant de rejoindre la route et se retrouvait donc dans l'inconfortable position d'avoir un magasin sans entrée. Après plusieurs années de conflit juridique, Heemeyer du se résoudre en 2001 à ce que les autorités gagnent, sur le plan légal. Il devait se retirer, vendre son magasin pour une bouchée de pain et payer de surcroît des frais et une amende pour les diverses actions entreprises. Malgré pétitions et lettres à l'administration, la situation n'évolua plus.

Vengeance!

Le Killdozer ou MadmaxTank
Mais il refusa de s'arrêter là, et pour se venger des autorités, entreprit de modifier un bulldozer Komatsu D335A : il commença par lui ajouter une armure composite faite d'acier et de béton, protégeant certaines parties du bulldozer, perça des trous pour y permettre de tirer au fusil, installa des caméras reliées à la cabine qui lui permettraient d'observer l'extérieur, et entreposa un stock d'eau et de nourriture. Un an et demi après le début de la construction du Killdozer, il s'installa finalement dans sa machine, en scella totalement l'entrée et se mit à dévaler les rues de la ville dans son nouveau tank fait maison, vers des objectifs choisis à l'avance.

Le 4 juin 2004, à 3 heures de l'après-midi, le premier bâtiment fut détruit. 2 h 07 plus tard, alors que plusieurs bâtiments étaient déjà rasés, des voitures éventrées, des flics dont les armes et les explosifs s'étaient révélés totalement inutiles, le killdozer fonça vers la dernière cible, blessé mais encore actif. Sa route se terminera lorsqu'attaquant le premier mur du bâtiment suivant, le sol se dérobera sous les chenilles du monstre, le paralysant.

Une équipe du Swat témoignera d'un léger bruit "de coup de feu étouffé" lorsqu'elle tentera d'accéder à la cabine de pilotage scellée du Killdozer. Plus de 7 millions de dollars de dégâts, des autorités impuissantes, des routes saccagées et 13 bâtiments détruits dans la petite ville de Granby, c'est le prix de la révolte d'Heemeyer contre son humiliation, contre les services publics corrompus... Pour une histoire de petit chemin communal coupé!

Celui là... Fallait vraiment pas l'ennuyer!
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La Grande Guerre des Émeus

En 1932, la première guerre inter-espèces opposa l'armée Australienne à une colonie d'émeus estimée à 20 000 volatiles, suspectés d'effrayer les honnêtes agriculteurs et d'attaquer les récoltes de la population civile. Malgré près de 2500 victimes dans le camps aviaire, c'est bel et bien l'armée Australienne, qui, après un mois de ruses et de combats, sonna la retraite!

N'est-il pas mignon, l'envahisseur?
C'est l'une des guerres les plus étranges et par quelques côtés, honteuse, de l'humanité. En 1932, alors que les troubles du krach boursier de 1929 commencent à se faire sentir en Australie, le gouvernement s'emploie à inciter les agriculteurs, pour la plupart d'anciens vétérans de 14-18, à étendre leurs champs et préparer une récolte d'envergure, allant jusqu'à leur promettre quelques subsides qui ne viendront jamais.

En cette période de sécheresse et de fortes chaleurs, de nouvelles réserves d'eau sont créés afin d'assurer le bon développement des immenses champs de blé cultivés. Mais la période correspond également à celle de la migration des émeus, qui, après un temps bien rempli consacré à la reproduction, migrent des côtes Pacifiques jusqu'aux terres intérieures dans lesquelles ils comptent passer l'été austral. Constatant sur leur chemin la présence d'immenses cultures et de larges réserves d'eaux, les émeus décident finalement de rester dans ces nouveaux lieux tout à fait propices à leur épanouissement. Grattant la terre, saccageant les récoltes et profitant d'eau et de nourriture en abondance, ils ne tardent pas à s'attirer les foudres des fermiers alentours, lesquels mandatent alors le gouvernement pour une intervention d'urgence.

G. Pearce, surnommé "The Man of the Emu War"
Or, le Ministère de la défense incarné par le sénateur G. Pearce, ancien combattant, n'entend pas laisser ainsi les oiseaux profiter des cultures de ses administrés. Octobre 1932 : le Major Meredith du 7ème Corps d'Artillerie d'Australie, est déployé pour une intervention, aux commandes d'une Task-force créée pour l'occasion, afin de repousser manu militari l'invasion aviaire et barbare. Pour son office, la Task-Force dispose de 2 Mitrailleuses Lourdes (Lewis Gun), rien que ça!! L'efficacité des ces armes a nettement été démontrée lors de la précédente guerre.

Et c'est ainsi que, sûrs de leur victoire, les soldats Australiens bravent les émeus et partent au combat de bonne humeur, allant jusqu'à déclarer par amusement dans les journaux, une guerre officielle contre l'invasion Émeu.

Major s'en va-t-en guerre!

Mais ils déchantent bien vite devant la stratégie militaire brillante de leurs adversaires : ceux-ci ont vraisemblablement adopté une audacieuse tactique de dispersion, se séparant en petits groupes rapides courant dans tous les sens dès le premier coup de feu. L'état-major Émeu, peut être inspiré par les techniques de guérilla moderne, rend ainsi tout à fait inefficace l'artillerie lourde de la Royal Australian Artillery : impossible de tirer correctement sur de tout petits groupes qui se déplacent n'importe comment à une vitesse allant jusqu'à 55 km/h!

Qu'à cela ne tienne, le Major Meredith, quémandant le soutien des fermiers, prépare des embuscades, mais la malchance l'accable : face à un millier d'opposants, l'une des mitrailleuses s'enraye, et les oiseaux ont vite fait de déguerpir vers des lieux moins hostiles : 12 volatiles seulement auront péri par balle dans l'escarmouche. Nouvelle stratégie du commandement Australien : placer les mitrailleuses sur un camion et pourchasser l'envahisseur. Peine perdue! Les vivaces émeus sont plus mobiles que l'engin et les soubresauts du camion empêchent de toute façon les artilleurs de décocher la moindre balle.

Après plusieurs jours de traques infructueuses et de succès très relatifs, le major abandonne la bataille et sonne la retraite. Quelques centaines de morts dans le camps ennemi, mais l'affrontement est finalement perdu : En haut lieu, la Chambre des Représentants s'interroge sur les méthodes employées, tandis que la presse locale se fait l'écho du ridicule de cette guerre, et surtout de l'inefficacité patente de l'armée australienne. Ainsi que l'indique, non sans humour, l'ornithologue D. Serventy :
"Les rêves des artilleurs, de tirer à bout portant dans les masses compactes d'émeus, furent vite dissipés. Le commandement Émeu avait vraisemblablement ordonné l'usage de tactiques de guerilla, et sa grande armée s'était très vite divisée en petites factions, rendant inefficace l''équipement militaire de son adversaire. Après un mois de campagnes infructueuses, celui-ci ne put se résoudre qu'à abandonner le terrain."
Quelques essais plus tard, le résultat s'en trouva inchangé. Le Major Meredith, pour justifier la défaite, comparera les émeus aux fiers et diaboliques guerriers Zoulous que même les balles Dum-Dum ne pouvaient arrêter. La ténacité des oiseaux avaient finalement eut raison de la volonté belliqueuse de l'homme. Malgré les pertes, les émeus conservaient le territoire envahi, que l'armée australienne abandonna.

Cette guerre est connue sous le nom de Grande Guerre des Émeus. C'est peut être la première guerre officielle déclarée à une autre espèce que l'homme. C'est aussi un brin d'histoire à la fois insolite et pathétique : si l'histoire de la Grande Guerre des Émeus nous arrache volontiers un sourire, elle nous inspire aussi vraiment la honte d'appartenir à l'espèce humaine : non seulement parce qu'on a commencé cette gueguerre ridicule, mais en plus, parce qu'on l'a perdu!

Pour en savoir plus : 
La Grande Guerre des Émeus : NatureXtreme
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Les 5 endroits les plus étranges et magnifiques sur Terre

Tandis que le Salar de Uyuna constitue la plus grande réserve de sel du monde, la caverne aux cristaux géants de Naica contient les plus grands cristaux de la planète, allant jusqu'à 11 mètres de long! Deux endroits magiques parmi 5 dans lesquels vous n'avez plus vraiment l'impression d'être sur Terre!


Le Grand Trou bleu de Belize - The Great Blue Hole, Belize

Non, il ne s'agit pas d'un orifice de Schtroumpf ni de la dernière folie de Salvador Dali, mais d'une merveille de la géologie marine : quasi circulaire, avec 300 mètres de diamètre et 120 mètres de profondeur, le Grand Trou bleu de Bélize est, selon le célèbre et regretté  J.J. Cousteau, l'un des 10 plus magnifiques emplacements pour faire de la plongée, en témoigne les photos ci-dessous.

Les trous bleus (ou trous marins) surnommés ainsi à cause du contraste coloré qu'ils provoquent, d'un bleu profond aux abords du bleu turquoise des roches et récifs alentours, se sont formés après la dernière période glaciaire : pendant celle-ci, alors que le niveau des mers était relativement bas, les pluies acides ont creusés dans ces endroits calcaires, de gigantesques grottes. Certaines en ont vu leur plafond s'effondrer. Lorsque la période glaciaire s'est terminée, l'eau a inondé toutes les galeries calcaires souterraines, donnant naissance à ces cavités sous-marines merveilleusement insolites.

Beaucoup de ces trous marins sont de très célèbres lieu de plongée, le plus profond étant le Trou bleu de Dean, profond de 202 mètres, l'un des plus dangereux étant le Trou bleu de la Mer Rouge : selon les autorités, près de 40 personnes se seraient laissées surprendre par la profondeur de celui-ci, en cherchant un emplacement célèbre connu sous le nom d'Arche, peu visible. Les plongeurs continuaient leur descentes sans voir l'arche, et finissaient par périr par les effets de la profondeur. L'un d'eux, l'israélo-russe Yuri Lipski, a même, sans le vouloir, filmé sa mort dans les profondeurs bleues, à 91 mètres de la surface. Les trous bleus se montrent de bien dangereuses et fascinantes merveilles.


L'Oeil du Sahara - The Eye of the Sahara, Mauritania

Big brother is watching you ! Officiellement connue sous le nom de structure de Richat, cette insolite curiosité de la nature s'est faite largement connaitre par les premières missions spatiales, du fait de l'image inquiétante que son apparence suscite lorsqu'on la voit depuis les hauteurs. En plein milieu du désert du Sahara (à propos et soit dit en passant, "désert du Sahara" est un pléonasme, puisque Sahara signifie "désert"), cette étonnante structure de 40 kilomètres de diamètre ressemble à un oeil scrutant le ciel.

L'Oeil du Sahara était néanmoins connu auparavant, sa première description cartographique remontant à 1963. Il constituait jusque récemment une énigme géologique : premièrement imaginé comme résultant d'une collision météoritique, on sait désormais que le dôme de Richat est né d'un phénomène volcanique particulier, provoquant l'effondrement par couches successives (ce qui lui confère ses caractéristiques) du centre du volcan.



La Grotte aux Cristaux Géants, mine de Naica - Cave of the Giant Crystals, Naica, Mexico

Vous souvenez-vous de la célèbre planète Krypton des vieux films de Superman? C'est à elle que ressemble la Cave aux Cristaux géants, dans la mine de Naica : des cristaux de gypse grands de plusieurs mètres, si larges que l'on peut marcher dessus sans problèmes. Le plus gros cristal atteint 11,4 mètres de long pour 1,2 mètres de diamètre, et pèse près de 55 tonnes! Ce sont tout simplement les plus gros cristaux découverts jusqu'à présent.

Il règne dans cette cave reposant à 300 mètres sous la surface, une humidité et une chaleur incroyable (58° C), témoignant de l'activité passée : située sur une faille, la cave était jadis inondée par les rivières thermales et fournie en éléments chimiques par le magma souterrain. Chaleur et eau ont permis la formation, depuis 500 000 à 600 000 ans, de ces cristaux. Leur croissance s'est interrompue lorsque la cave a été vidée pour le besoin de la mine, mais la grotte redeviendra immergée dans quelques dizaines d'années.



Le lac de sel - Salar de Uyuni, Bolivia

Avec une superficie de 12 500 km², ce reliquat d'un ancien lac géant des Andes, constitue actuellement la plus grande réserve de sel de la planète, avec près d'un tiers de la masse de sels de lithium exploitable sur Terre, soit 10 à 60 milliards de tonnes de sel. 25 000 tonnes en sont extraites chaque année.

C'est également un paysage désertique particulier, surtout depuis l'île de cactus d'Incahuasi, à partir de laquelle on ne voit qu'un désert de sel à perte de vue sur 360°. La couche de sel atteint ainsi, de 2 à parfois 120 mètres de profondeur!



Le monde des Géants de Glace - Eisriesenwelt, Austria

Découverte en 1879, cette grotte a toujours suscité la peur des villageois alentours, qui la considéraient comme une porte des enfers. Située dans les flancs de montagnes des Alpes de Werfen (40 km au sud de Salzburg), le Monde des Géants de Glace ("Eisriesenwelt") comprend une série de grottes dont la formation remonte à la dernière période glaciaire (de 110 000 à 10 000 ans), s'étalant sur 42 km de long! C'est la plus grande grotte de glace répertoriée sur Terre, et l'une des plus magnifiques, assurément.

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Sapin en plastique ou vrai sapin?

Une idée qui fait son chemin ferait du sapin en plastique un produit plus écolo qu'un vrai sapin, pour Noël, et pour cause : pour avoir un vrai sapin, il faut couper un arbre. Pas du tout écolo, ça... Mais bien sûr que si!
Couper un vrai sapin ou acheter un sapin artificiel?
Du point de vue bilan carbone, le vrai sapin est neutre : pendant sa croissance, il absorbe du dioxyde de carbone et le décompose en carbone et oxygène. 80% des vrais sapins vendus en France sont cultivés spécialement pour l'occasion de Noël, principalement dans le Morvan, dans les zones peu propices à l'agriculture traditionnelle. Une fois Noël passé, le sapin est coupé en copeau, éventuellement composté ou recyclé. Dans tous les cas, il libère petit à petit exactement la même quantité de dioxyde de carbone qui lui a été nécessaire pour se développer.

Pour le sapin en plastique ou en matériaux "artificiels", ce n'est bien évidemment pas pareil : on utilise des énergies fossiles pour fabriquer un produit par ailleurs difficilement recyclable, comme n'importe quel sac plastique ou bouteille de la même matière. Étant donné la longueur de la biodégradation de ce produit, l'énergie est en quelque sorte perdue pour toujours (au moins pour un très long moment). Étant donné également l'utilisation importante d'énergie pour la production et le transport des sapins artificiels, le bilan en gaz à effet de serre du sapin artificiel est lourd et néfaste pour l'environnement.

De plus, les vrais sapins de noël sont généralement plantés et coupés dans des pépinières, dont les possesseurs replantent vite d'autres sapins pour remplacer les précédents. Le cycle est donc bouclé : pour un arbre coupé, un autre est replanté. Au final, très peu d'énergie se perd tandis que l'équilibre carbone ou énergétique se maintient, ce qui est loin d'être le cas avec des sapins artificiels : si l'on continue à en fabriquer (principalement en Chine pour les usages occidentaux), les anciens finissent dans la majorité des cas à la décharge. A Noël, pour se montrer un peu écolo, n'hésitez pas à couper un sapin!
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Les gargouilles de la chapelle de Bethleem

A Saint-Jean-de-Boiseau, petit village de Loire Atlantique, une chapelle dont la construction fut initiée au Moyen-Âge, possède sur ses tours des gargouilles sculptées représentant un Alien, un Gremlins, Gizmo ou encore Goldorak!

La gargouille Gremlins
Passée au patrimoine mondial en tant que monument historique le 30 août 1911, la Chapelle de Bethléem, située entre Saint-Jean-de-Boiseau et Le Pellerin, subit l'érosion du temps et des hommes depuis sa conception au Moyen-Âge. Bâtie pour l'honneur aux rites catholiques romains, elle tenait cependant compte des origines du lieu : situé près d'une source, l'endroit était utilisé par les druides pour célébrer la Beltane, le passage de la saison obscure à la saison claire. En Hommage à ces rites, les sculptures présentent sur la baie ouest, furent dédiées au druidisme et à la mythologie celtique, faisant de la chapelle un lieu de communion de différentes cultures.

De 1993 à 1995, lors de la restauration de la chapelle, et alors que de nombreuses gargouilles originales étaient tombées en miette, se posait alors question de la nature et des façons dont on allait donner nouvel éclat au site. Le travail fut confié au Maître sculpteur Jean-Louis Boistel. La tâche pouvait paraître compliquée du fait que très peu de descriptions historiques de la chapelle étaient disponibles... Et l'état d'érosion était tel qu'il n'était plus possible de deviner l'apparence originale exacte de certaines parties de la chapelle. Néanmoins, l'esprit de celle-ci demeurait : réunir en un même lieu des figures d'origines culturelles différentes, en l'honneur de la coexistence de ces cultures.

Le célèbre xénomorphe ou Alien, de Giger, sculpté d'une main d maître à la Chapelle de Bethléem par J.L. Boistel
Fruit du travail de restauration de Maitre Jean-Louis Boistel, de nombreuses gargouilles, certaines restaurées, d'autres complètement resculptées, ornent désormais les pinacles de la Chapelle de Bethléem. On peut y voir des sculptures en hommages aux figures des mythologies chrétiennes et celtiques, telles qu'Adam et Eve, l'Ankou et le Druide, mais également des figures plus contemporaines issues des cultures cinématographiques ou de l'animation japonaise : Ainsi, Gizmo le gentil Mogwaï côtoie l'un de ses méchants cousins Gremlins, une gargouille Goldorak y incarne la droiture et l'esprit chevaleresque des temps modernes, un Alien issu de l'esprit de l'artiste Giger, représente quant à lui le monstre mythologique Léviathan. Toutes ces sculptures participent de l'esprit d'assimilation culturelle original de la chapelle. Tout simplement, un travail magnifique dont la description ne vaut bien entendu pas les photos!

La chapelle après et avant restauration, et quelques unes des gargouilles qui en ont fait une attraction nationale
L'idée d'utiliser des représentations contemporaines de gargouilles pour orner les pinacles de monuments religieux se retrouve par ailleurs, toutefois. La Cathédrale Nationale de Washington, par exemple, contient sur son flanc ouest certaines gargouilles à l'aspect curieux : l'une représente un politicien corrompu, dont les poches pleines laissent voir des billets de banque dépasser. On peut également y voir un jeune business-man pressé avec son attaché-case. Une autre représente la mythologie de Star Wars sous les traits de Dark Vador, sculptée par Jay Hall Carpenter, un artiste sculpteur également visionnaire et icônoclaste, dont vous pourrez admirer le travail ici.

Dark Vador de la Cathédrale Nationale de Washington, ainsi qu'une autre création du sculpteur Jay Hall Carpenter
Comme nous voyons d'anciennes sculptures, de nos jours, verrons-nous dans quelques siècles ces gargouilles contemporaines comme un reliquat historique d'une époque révolue?

Pour en savoir plus : 
Jean-Louis Boistel. Restauration du patrimoine pierre-terre. Travaux et créations. Vous pourrez y trouver les différentes créations de l'artiste et le détail de l'équipe s'étant occupé de la restauration de la Chapelle de Bethléem. Les images représentant gargouilles de la chapelle et chapelle elles-mêmes sont issues du site de J.L. Boistel.
Wikipédia : Chapelle de Bethléem.
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Le jour ou Coyote attrapa Bip-Bip

Dans toute l'histoire du dessin animé, cela n'est arrivé qu'une fois, mais c'est arrivé!

Alors que le comique de cette oeuvre se trouve très justement dans le fait que malgré des moyens invraisemblables, un recours aux "techniques de pointes" et une volonté à toute épreuve, le célèbre Coyote se prend toujours de méchantes raclées en tentant d'attraper le volatile, il y est parvenu lors du 42ème épisode, nommé Soup or Sonic : on voit en effet le canidé saisir à plein bras Bip-Bip et préparer ses ustensiles de cuisine pour assouvir sa faim. Tout ne se déroulera pas, cependant, comme prévu...

Mais plus que toute description, le mieux reste encore de le voir!

Voici le passage lors duquel coyote attrape enfin Bip-Bip

Et voici l'épisode en entier.

Cet épisode est le plus long réalisé pour la série, 9 min 11 s, alors qu'un épisode classique dure de 5 à 7 minutes (sauf extras).

Revenons maintenant sur l'histoire et les particularités de ce dessin animé qui rencontre toujours aujourd'hui, un succès immense auprès des grands comme des petits.

Coyote pourchasse éternellement Bip-Bip...
La série se décline en 48 épisodes et quelques extras. Créé en 1948 par le directeur d'animation de la Warner bros, Chuck Jones, l'oeuvre devait être à l'origine une parodie des habituels dessins animés présentant les classiques antagonistes du chat et de la souris. En reprenant ce principe cher à de nombreux éditeurs, mais sur un mode nouveau, le succès fut immédiatement au rendez-vous pour les premiers épisodes.

On y voit classiquement au démarrage, Willy (Wile E. Coyote) en train de pourchasser le Great Roadrunner (Géocoucou de Californie). L'action stoppe et l'on présente les deux personnages, agrémenté d'un nom scientifique farfelu qui change quasiment à chaque épisode, soulignant le caractère des protagonistes et leurs relations. Quelques exemples qui témoignent d'un petit clin d'oeil typique de la série :

Wile E. Coyote est généralement affublé de noms mettant l'accent sur sa faim insatiable, son ridicule ou sa recherche desespérée de Bip-Bip : Carnivorus Vulgaris, Eatibus Anythingus, Road-runnerus Eatius, Appetitius Gigantus, Nemesis Ridiculii... (son vrai nom scientifique est Canis Latrans)
Bip-Bip porte quant à lui des noms en rapport avec son incroyable vitesse, ou le fait qu'il représente un plat alléchant pour Wile E. Coyote : Acceleratii Incredibilus, Velocitus Delectiblus, Supersonicus Tastius, Delicius-Delicius... son vrai nom scientifique est Geococcyx californianus)

...Et cela se termine souvent sur une belle chute!
Ces petits surnoms pseudo-scientifiques ont contribué à rendre la série très populaire en jouant sur l'humour des  rares informations écrites et vocales. Il y'a en effet peu de texte, et peu de vocalisations : le road-runner se limite à son "chant" caractéristique (après 70 ans, il y'a d'ailleurs toujours débat sur celui-ci, quant à savoir si Bip-bip dit "beep-beep" ou "meep-meep") et parfois au bruit de la langue qu'il tire au coyote. Le coyote, lui, vocalise très peu, sauf dans certaines productions annexes où on l'entend par ailleurs parler. En dehors, c'est souvent soit bruit d’essoufflement, soit cri de douleur!

Plusieurs éléments rendent également cette série et son humour, typiques : la gravité est le plus grand ennemi du Coyote, et nombre de fois, l'accent est mis sur le temps (long) que celui-ci met à tomber dans un ravin avant de soulever un petit nuage de poussière... Ces chutes sont une véritable marque de fabrique, certaines durant près de 10 secondes!

Maintenant, quelques petites anecdotes sur la série!
  • En 1965, dans l'épisode The Wild Chase, on assiste à une course entre le Road-runner et la célèbre Speedy Gonzales! Tout deux sont poursuivis à la fois par le Coyote et Sylvester le chat.
  • En 1979, un véritable film parodique, The Villain, avec des acteurs notables comme Kirk Douglas et Arnold Schwarzenegger, reprend sur un mode western, le principe de la chasse et certains gags propres aux road-runner movies : tandis que les pourchassés peuvent emprunter un chemin dessiné sur un tableau, le "vilain" Kirk Douglas se prend le mur sur lequel le tableau est accroché...
  • De nombreux débats farfelus ont vu le jour pour tenter d'expliquer certains faits de la série : Comment le coyote se procure-t-il toutes ses inventions chez Acme corp. ? Pourquoi n'utilise-t-il pas l'argent pour s'acheter à manger plutôt que d'acheter des armes? 
  • Le coyote s'est inscrit dans la culture populaire au point d'apparaître dans de nombreux films et de nombreuses séries : South Park, Les simpsons, MAD, Qui veut la peau de Roger Rabbit?, etc...
  • Mark Knofler, guitariste et leader de Dire Straits, a créé en 2002 la chanson "Coyote" sur l'album "The Ragpicker's dream" en hommage à Wile E.
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Les araignées sont elles des insectes?

Contrairement à ce que le langage habituel laisse entendre, les araignées, les scorpions, ou encore les acariens et les mille-pattes, ne sont pas des insectes!

On a coutume de classifier assez simplement le règne animal avec d'un côté les mammifères, de l'autre les poissons, les reptiles, les oiseaux et les insectes (et l'on est bien embêté lorsqu'on nous parle de méduse ou de crevette...). Dans cette optique, la catégorie Insectes s’accommode des petits animaux au sang bizarre, avec plein de pattes, qui se mangent entre eux ou sont mangés par les reptiles et les oiseaux. Quoique partagée, cette vision des choses est non seulement très incomplète, mais largement fausse.

Le phylum arthropodes inclue insectes et arachnides
Les araignées ne sont en effet pas des insectes, mais des arthropodes chélicerates. Le type Insecte est lui même beaucoup plus restreint que ce que l'on en conçoit habituellement : il regroupe seulement les arthropodes à 6 pattes (fourmis, abeilles, mouches...). D'accord, cela fait déjà du monde, mais beaucoup moins que si l'on y ajoute toutes les petites bestioles à exosquelette qui peuplent nos forêts et nos maisons.

Les araignées font partie de la classe Arachnides, de même niveau taxonomique que la classe Insecte. La classe Insecte fait partie du sous-embranchement Hexapodes (3 paires de pattes), tandis que les arachnides (comprenant les araignées mais aussi les scorpions et les acariens) font partie du sous-embranchement Chelicerates. Ces sous-embranchements, et donc les araignées et les insectes, sont tout deux des arthropodes (embranchement/phylum Arthropoda).

La classe Insecte est donc loin d'être aussi étendue qu'on ne le croit bien souvent! Voici un petit résumé phylogénétique de l'embranchement des arthropodes, pour une petite mise à jour, si besoin est, de vos connaissances en la matière!

Embranchement Arthropoda

Sous-embranchement Chelicerata -- Chélicérates (8 pattes)
  • classe Arachnida -- Arachnides (scorpion, araignée, acariens...)
  • classe Merostomata -- (Gigantostracés fossiles, limule)
  • classe Pycnogonida
Sous-embranchement Crustacea Brünnich, 1772 -- crustacés (10 pattes)
  • classe Branchiopoda Latreille, 1817 -- branchiopodes (Daphnie...)
  • classe Cephalocarida Sanders, 1955
  • classe Malacostraca Latreille, 1802 -- (Homard, vrai crabe, squille, crevette, cloporte...)
  • classe Maxillopoda Dahl, 1956 -- (Copépode, Balane, Pousse-pied...)
  • classe Ostracoda Latreille, 1802 -- ostracodes
  • classe Remipedia Yager, 1981
Sous-embranchement Hexapoda -- hexapodes (6 pattes)
  • classe Entognatha -- (collembole, diploure, protoure)
  • classe Insecta -- insectes (fourmi, abeille, mouche...)
Sous-embranchement Myriapoda -- myriapodes (nombreuses pattes)
  • classe Chilopoda -- (mille-pattes, scolopendre)
  • classe Diplopoda -- (mille-pattes, iule)
  • classe Pauropoda -- (mille-pattes nains)
  • classe Symphyla
Sous-embranchement Trilobitomorpha (20 pattes)
  • classe Trilobita -- trilobites (en théorie, disparus)

Pour en savoir plus : 
Wikipédia : Arthropodes
A propos des araignées : faits réels et insolites. NatureXtreme
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L'ampoule centenaire de Livermore, la plus vieille ampoule en fonctionnement

Aussi incroyable que cela puisse paraître, une ampoule électrique de 4 watts, à la résistance exceptionnelle, brille en continu depuis désormais 110 ans, un âge bien plus avancé que la moyenne de celui des ampoules actuelles!

L'ampoule à fil de carbone de Livermore : 110 ans!
Cette lampe à incandescence éclaire la caserne de pompier située au 4550 East Avenue de Livermore (Californie, USA) depuis l'année 1901. Elle est considérée officiellement (Guiness Record) comme la lampe la plus vieille toujours en fonctionnement, et elle est en activité pratiquement en continu depuis ce temps. Elle n'a subi que quelques coupures accidentelles de courant, ainsi qu'un transfert en 1976, qui n'aura duré que 22 minutes avant la remise sous tension, et une coupure volontaire pour rénovation de bâtiment, d'une semaine en 1937. Elle détient donc également le record d'activité continue.

La lampe de Mathusalem

C'est d'ailleurs précisément la raison de sa longévité : ce qui grille les lampes à incandescence, c'est avant toute autre chose les coupures et reprises de courant. Le fil est porté, lors de ses changements, à très haute température et se refroidit, respectivement à chaque utilisation et chaque interruption. Ainsi, il se détend ou se contracte, ce qui a pour effet de le fragiliser, jusqu'au point de se rompre (lampe "grillée").

L'ampoule de Livermore, appelée Ampoule Centenaire (Centennial Light), est une ampoule à fil de carbone communément fabriquée à l'époque, à Shelby (Ontario), par la Shelby Electric Company, probablement à la fin des années 1890. La lampe ne doit pas seulement sa longévité à son allumage quasi continu, mais également à sa faible puissance (à peine 4 watts) ainsi qu'à un apport de courant stable grâce à un circuit et un générateur dédiés. Elle possède aujourd'hui son propre site et une webcam qui la filme en continu (la troisième, car les deux premières sont d'ores et déjà... tombées en panne!), et dont l'image est retransmise sur le site officiel, avec une mise à jour toutes les 30 secondes.

La seconde ampoule la plus résistante, considérée avant la découverte de l'ampoule de Livermore, comme la plus vieille ampoule en fonctionnement, se situe à Fort Worth, au Texas. Installée le 21 septembre 1908 dans un théâtre, elle s'est finalement retrouvée après la démolition de celui-ci, dans un musée du Livestock Exchange Building, où elle n'a été depuis éteinte qu'une seule fois, par accident.

Faudrait que ça s'use plus vite...

Un autre fait intéressant à propos de l'ampoule de Livermore et des ampoules à fil de carbone est que celles-ci sont souvent citées comme des preuves à contrario de l'obsolescence programmée, une technique de production et un principe économique, né(e) dans les années 1920, dont les consommateurs sont généralement outrés : l'obsolescence programmée ou désuétude planifiée consiste à produire un objet en prévoyant une date moyenne de fin, et en s'arrangeant pour limiter la durée de vie de l'objet par les techniques de fabrication, la réalisation structurelle qui s'y prête, ou grâce à des composants dont la durée de vie a elle même été soumise à un principe d'obsolescence programmée, ou encore qui ont à la base une durée de vie correspondant à l'objectif de fabrication fixé. 
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La bataille la moins meurtrière de l'histoire

Vous le devinerez sans doute, la bataille de Fujigawa, l'une des batailles les moins meurtrières de l'histoire (du Japon), s'est soldée par une victoire du clan Minamoto sur les armées Taira, sans la moindre escarmouche et donc sans le moindre mort ou blessé.

Minamoto no Yoritomo, vainqueur par forfait!
Cet anti-record, et ô combien le genre que l'on aimerait voir plus souvent, ne tire pas tant son originalité du nombre de victimes que des circonstances de la victoire.

En 1180, le Japon fait face à une guerre intestine connue sous le nom de Guerre de Gempei, opposant les clans Minamoto et Taira, qui ne s'accordent pas sur le successeur du trône impérial (et donc, sur le contrôle de celui-ci).

Après deux grandes batailles (Uji et Ishibashiyama), les forces du clan Minamoto ayant subi cinglantes défaites et lourdes pertes tentent de reconstituer leur armée en s'alliant notamment avec d'autres clans (dont le célèbre clan Takeda, qui plus tard, lors de l'époque Sengoku, parviendra presque à devenir maître du Japon). L'armée Taira et l'armée Minamoto se rencontrent à hauteur de Fujigawa, au pied du Mont Fuji, et la tension est à son comble. Le 9 novembre 1180, quelques soldats de l'armée Minamoto dérangent pendant une excursion nocturne un groupe d'oiseaux d'étang, qui apeurés, s'envolent à l'unisson. Les Taira désorganisés à ce moment et pris de panique devant le chahut, confondent le bruit de l'envolée avec celui d'une attaque surprise, et la débâcle s'amorce : l'armée Taira fuit devant "l'ennemi" sans même le voir et comprendre la situation. Elle se disloque et se disperse, laissant le champs libre aux Minamoto, aux portes des provinces de l'Est.

Aucun combat n'avait eu lieu, et le bataille prit par ailleurs le sobriquet de "Bataille qui n'a jamais eu lieu", quoique la victoire militaire du clan Minamoto sur cet évènement insolite permit à celui-ci d'entreprendre la conquête de nombreuses provinces de l'Est. Le nom de la bataille de Fujigawa est aujourd'hui partie intégrante du vocabulaire et de la culture japonaise, en désignant une victoire acquise sans combat.
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L'obsolescence programmée ou l'art de faire payer plus souvent

L'obsolescence programmée est à la fois une technique de production et un principe économique, né(e) dans les années 1920, dont les consommateurs sont généralement outrés : Aussi appelée désuétude planifiée, elle consiste à produire un objet en s'arrangeant pour que celui-ci ne dure qu'une temps limité, afin que le consommateur soit amené à payer plus rapidement son remplacement ou un nouvel objet.

L'art de faire tomber plus de billets
L'obsolescence programmée consiste ainsi à fabriquer un objet en prévoyant une date moyenne de fin, et en s'arrangeant pour limiter la durée de vie de l'objet par les techniques de fabrication, l'effet de mode, la réalisation structurelle qui s'y prête, ou grâce à des composants dont la durée de vie a elle même été soumise à un principe d'obsolescence programmée, ou encore qui ont à la base une durée de vie correspondant à l'objectif de fabrication fixé.

Le premier cas supposé d'obsolescence programmée a visé les lampes à incandescence en 1924. Un cartel de fabricants d'ampoules créé pour l'occasion s'est accordé sur le passage volontaire de la durée de vie des ampoules classiquement vendues jusqu'alors.

Le principe suit un but simple : faire payer davantage (pas forcément directement) et surtout plus fréquemment le consommateur en lui soumettant un produit qui ne durera qu'un temps limité et qu'il devra remplacer régulièrement... Ainsi, les lampes à incandescence ont été le premier type d'objets soumis à cette nouvelle et désagréable loi de fabrication, en 1924, lorsqu'un cartel (le Cartel de Phoebus) se forme. Ce cartel se composait des grands fabricants de lampes de l'époque, qui, constatant que la durée des ampoules s'accroissait (en moyenne 2500 heures en 1924), prirent la décision de limiter leur longévité. Il se dotèrent même pour s'assurer que l'accord était respecté, d'une charte et d'un office chargé de surveiller que les lampes du conglomérat n'excédaient pas un plafond établit à 1000 heures de fonctionnement. Dès 1930, la plupart des fabricants s'étaient alors alignés sur la production d'ampoules de durée de vie moyenne correspondant à cet objectif. Scandaleux, n'est-ce pas? D'autant plus scandaleux qu'il s'agirait désormais d'une pratique courante, de l'automobile à l'électroménager, en passant bien entendu par l'informatique... 

Par exemple, les batteries de 1ère, 2nde et 3ème génération de l'Ipod étaient prévues pour durer 18 mois. Passé ce délai et lorsque la panne survenait, le service technique d'Apple invitait alors le consommateur à renouveler son appareil plutôt qu'à remplacer sa batterie (la firme ne proposait d'ailleurs pas de batterie de remplacement). Il a fallu attendre un recours collectif intenté par Elizabeth Pritsker pour qu'Apple décide enfin de se munir d'un service de remplacement des batteries. L'autre exemple des bas-nylon des années 1940, produits par DuPont, pointe l'une des raisons de l'utilisation de cette stratégie : les bas étaient si résistants que les ventes se sont effondrées après quelques années. L'entreprise a donc confectionné des bas moins résistants, qui se filaient davantage, en les rendant moins résistant aux UV...

On note ainsi de nombreuses méthodes permettant d'altérer la durée de vie d'un produit fabriqué, pour des buts parfois différents (certains assez mesquins, comme maximiser le profit, d'autres plus neutres, comme maintenir l'activité, ou même des buts relativement philanthropiques, comme forcer le consommateur à racheter un produit moins polluant lorsque celui-ci sera disponible). Parmi ces méthodes :
  • Obsolescence technique ou fonctionnelle : lorsqu'une pièce est défectueuse, l'ensemble du produit ne fonctionne plus. Or, si le prix de remplacement (y compris transport et main d'oeuvre) est trop élevé ou à peu près équivalent au prix du neuf, le consommateur aura alors tendance à acheter un nouveau produit. Cette technique est très peu écologique (beaucoup de déchets...). Remplacer le métal par du plastique, plus fragile, en est un exemple. Refuser le remplacement des pièces est également un moyen parfois utilisé. Changer le format de logiciels (comme les nouveau format audio ou vidéos) en est un autre exemple.
  • Obsolescence par péremption : généralement, les dates de péremption indiquent la date limite d'utilisation optimale (DLUO) et non la date limite de consommation (DLC). Le dépassement de la DLUO peut affecter le goût de denrées alimentaires, par exemple, mais celles-ci ne présentent pas de risques. Seules la DLC indique quand il est recommandé, faute de risque pour la santé, de jeter les produits concernés.
  • Obsolescence indirecte : bien que fonctionnant encore, certains produits deviennent obsolètes du fait que les produits associés ne sont plus commercialisés (comme les batteries ou les chargeurs de téléphones portables). Le contrôle des brevets par les industriels leur permet d'arrêter la production de pièces de remplacement en s'assurant que personne ne pourra les reproduire, incitant alors le consommateur à essayer (et acheter) les produits plus récents. Certains vont même jusqu'à remplacer un ancien produit pendant plusieurs années, et une fois qu'il a disparu, tentent de le remettre au goût du jour (exemple des lecteurs vinyles).
  • Obsolescence par incompatibilité, souvent remarquée en informatique, et consistant à rendre inopérants les anciens produits (A) ayant besoin d'autres produits (B) pour fonctionner. Il suffit de s'arranger pour que B ne supporte pas les produits A (plus de compatibilité) afin que l'achat de B, ou même seulement sa mise à jour (parfois "gratuite") force le consommateur à renouveler son parc de produits A...
  • Obsolescence par publicité : c'est le domaine des modes et des tendances offertes par les publicitaires, que l'on retrouve dans l'exemple de General Motors dès les années 30, usant de la publicité pour démoder les anciennes automobiles afin de pousser le consommateurs à en changer régulièrement. Les primes de rachat participent également de ce phénomène en incitant le consommateur à changer un produit qui fonctionne pourtant encore!
L'obsolescence programmée est encore sujette à débat quant à son existence réelle et grandement partagée au sein des fabricants de toute sorte, pour de nombreuses raisons : tous les produits ne s'y prêtent pas forcément, ces sujets sont également (et on le comprend) incroyablement tabous dans les firmes suspectées d'établir une désuétude planifiée de leurs produits, et plusieurs auteurs estiment voir dans le concept d'obsolescence programmée, une vaste théorie complotiste ne décrivant que très incorrectement la réalité. Néanmoins, les exemples et les suspects sont légions, et de nombreux auteurs indépendants (commissions d'enquête, journalistes, associations de consommateurs) confirment et dénoncent le phénomène plus fréquemment depuis quelques années.

Toutefois, nous vous invitons bien sûr à prendre cet article avec toute la réserve et la prudence qui s'impose!

Pour en savoir plus :
Slade, G., (2006). "Made to Break : Technology and Obsolescence in America", Harvard University Press, 2006
L'obsolescence programmée, mythe ou réalité? Ecologie.tv
Wikipédia : Plannified obsolescence.
Documentaire TV Arte : Prêt à jeter : l'obsolescence programmée (youtube). Louable en VOD.
Un contre-avis intéressant : Le mythe de l'obsolescence programmée, Econoclaste.org.free.fr
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Mourir de rire, c'est possible?

Si l'expression "mort de rire" - mdr - est devenue avec l'explosion de l'internet notamment, de culture et de référence commune et anodine, il faut savoir qu'il est effectivement possible de mourir de trop rire, le plus ancien cas rapporté de cette insolite cause de décès, remontant à la Grèce ancienne.

Peut-on rire jusqu'à en mourir?
C'est en effet à un rire trop longuet et appuyé que l'on impute la mort au cours de 3ème siècle avant J-C., de Chrysippus, un philosophe grec et paradoxalement stoïcien, qui fit boire du vin à son singe domestique, et s'écroula de rire au sens propre comme au figuré en le regardant essayer, complètement ivre, d'attraper des figues pour les manger. L'auteur grec, quant à lui poète, Philemon (362, 262) serait aussi mort d'une crise de fou rire ironiquement provoquée par une de ses propres blagues. 

Bien plus tard, en 1410, c'est le Roi Martin d'Aragon qui s'étouffa d'une double crise, de rire incontrôlable, mêlée à une indigestion. Le poète également italien Pietro Aretino mourut de façon semblable en 1556, par suffocation résultant d'une crise de rire impossible à arrêter, sauf, bien entendu, par décès. L'aristocrate et polymathe écossais Thomas Urquhart s'éteignit quant à lui en 1660 en riant d'apprendre l'obtention du trône d'Angleterre par Charles II.

La médecine moderne a relevé avec davantage de précisions, chez de joyeux mais malchanceux anonymes, ces étranges cas de décès par trop plein de joie.
  • 24 Mars 1975, Alex Mitchell regarde l'épisode Kung fu Kapers des Goonies dans lequel un écossais en kilt affronte à coup de cornemuse, une série de boudins (la nourriture). Après 35 minutes de rire continue, Alex s'écroule sur le sofa, victime d'une crise cardiaque. Sa femme écrira une lettre de remerciement (!) aux producteurs des Goonies... pour avoir fait en sorte que son mari fut heureux au moment de sa mort!
  • 1989, Ole Bentsen, audiologiste danois, est victime d'un arrêt cardiaque provoqué par le film "Un poisson nommé Wanda", dont il n'a alors même pas vu la fin. Les expert penchés sur son cas ont estimé que son coeur avait pu accélérer son rythme, à force de trop rire, jusqu'à 250 à 500 battements/minutes.
  • 2003, Damnoem Saen-um, un vendeur de glace Thaïlandais, 52 ans, devait faire un rêve particulièrement fendard lorsqu'en pleine nuit et en plein sommeil, aux dires de sa femme, il se mit à rire très fort en continu pendant deux minutes avant de succomber (probablement par asphyxie ou arrêt cardiaque), sans que sa compagne, pendant la crise, ne réussisse à le réveiller.
Le rire tue?

Ce n'est jamais exactement le rire qui tue mais les pathologies qui peuvent résulter d'un rire aux éclats ou d'une crise trop intense. En temps normal, le rire est une bénédiction : après une courte augmentation du rythme cardiaque et du rythme respiratoire, le coeur ralentit et prend un rythme plus bas que d'ordinaire, la respiration est facilitée avec l'ouverture des bronches et la pression artérielle diminue. Pour faire simple, un bon rire déstresse à fond, au point que des thérapies fondées sur le rire sont nées au fil du temps.

Mais sur le coup, un éclat de rire peut être très violent, comme n'importe quelle émotion forte (le rire est souvent - pas systématiquement - le signe d'une émotion joyeuse intense). 

Un éclat trop appuyé peut entraîner une atonie (perte de tonus musculaire/malaise et généralement chute) voire une syncope (atonie avec perte de conscience). Une crise de rire peut amener le gai luron à des phases apnéiques incontrôlables ou des difficultés respiratoires notables, et éventuellement la mort par asphyxie. L'arythmie et la tachycardie provoquées par cette même crise peuvent engendrer un arrêt cardiaque ou une fibrillation. Tous ces exemples ont des cas confirmés mais extrêmement rares, qui donnent néanmoins aux parole de Pierre Dac un nouveau sens : 

"Quand celui qui rit le dernier a fini de rire, personne ne rigole plus."
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